E t toujours, toujours je me retrouve devant l’épicerie au bout de la rue. Je me languis de la joie que j’y avais éprouvée. L’épicerie à la porte vitrée, la rue calme donnant sur le grand rond point, la pizzeria, l’homme au chapeau et le vieux collège. Voilà les refuges de mon esprit.

Il n’y a plus grand-chose à dire à ce sujet. Je le sais. Il n’y a plus rien que je puisse espérer. Et, par chance, chaque jour j’en oublie une partie supplémentaire. Mais, toujours, lorsque je ne sais plus ou me mettre. Lorsque la honte m’accable, lorsque les larmes me montent aux yeux, ou tout simplement lorsque je suis perdue. Je me retrouve devant l’épicerie au bout de la rue. Je ne m’arrête que très rarement. L’idée est de me ressourcer auprès de ce local aux couloirs étroits et étagères remplies, parce que seuls eux savent.

Mel Geronimo